« J’ai vu mon Seigneur avec l’œil du cœur. J’ai dit : “ Qui es-Tu ?” Il répondit : “ Toi” »
Sheikh Hûssein Ibn Mansûr Al Hallaj

« Un bâtiment ne pourra être bien ordonné s’il n’a cette proportion et ce rapport, et si toutes les parties ne sont,
les unes par rapport aux autres, comme le sont celles du corps d’un homme bien formé... »
Vitruve

 

 

L´HOMME DE VITRUVE II



ART DE BATIR OU SCIENCE DE CONSTRUIRE ? ; COMME EN HAUT EN BAS !



Vitruve écrit donc pour transmettre ce qu’il a reçu des anciens auxquels il se réfère constamment. C’est au sens littéral du terme, nous dit Guidu Antonietti di Cinarca, l’œuvre fraternelle d’un vieux maçon.

Son pragmatisme à observer la nature lui permit den respecter les lois, de les fonder comme telles. Il appuie les hommes qui en expliquant lharmonie du monde recherchent le modèle de leur équilibre intérieur.

Voici ce qu
il en dit : "La convenance que requiert la nature des lieux, consiste à choisir les endroits où lair et les eaux sont les plus sains pour y placer les temples, principalement ceux quon bâtit au dieu Esculape, à la déesse Santé et aux autres divinités, par qui lon croit que les maladies sont guéries ; car, par le changement dun air malsain à un air salutaire, et par lusage de meilleures eaux, les malades pourront se guérir plus aisément, ce qui augmentera beaucoup la dévotion du peuple, qui attribuera à ces divinités la guérison quil doit à la nature salutaire du lieu."

 

"...L’ordonnance d’un édifice consiste dans la proportion qui doit être soigneusement observée par les architectes. Or, la proportion dépend du rapport que les Grecs appellent analogie ; et, par rapport, il faut entendre la subordination des mesures au module, dans tout l’ensemble de l’ouvrage, ce par quoi toutes les proportions sont réglées ; car jamais un bâtiment ne pourra être bien ordonné s’il n’a cette proportion et ce rapport, et si toutes les parties ne sont, les unes par rapport aux autres, comme le sont celles du corps d’un homme bien formé... »

Vitruve propose, comme modèle de proportion, le corps de l’homme. Car l’homme, partie intégrante de l’univers ordonné, est un élément en réduction de ce cosmos, un microcosme. Les proportions de son corps sont une des manifestations de cette mise en symétrie de l’ordre cosmique, de son harmonie. Il reprend ainsi a son compte les idées de Platon dans le Timée où il philosophe de la citée parfaite. ( voir plus bas le Platon de Raphaël )

De Vinci dessinera cette citée. Ses plans voyageront avec Colon jusqu´en Amérique. L´explorateur ne tenant pas en compte les autres éléments essentiels , échouera comme architecte. Ses éléments sont : 
 « 
Il faut aussi que larchitecte ait connaissance de la médecine pour savoir quelles sont les différentes situations des lieux de la terre, lesquels sont appelés climata par les Grecs, afin de connaître la qualité de lair, sil est sain ou dangereux, et quelles sont les diverses propriétés des eaux ; car, sans la considération de toutes ces choses, il nest pas possible de construire une habitation qui soit saine... »

« Létude de la philosophie sert aussi à rendre parfait larchitecte qui doit avoir lâme grande et hardie... » Celle de la musique, pour la sonorité des temples, des mathématiques, pour les machines, de la médecine pour localiser les climata, et de l´astronomie pour connaître et donc pouvoir calculer « des équinoxes, des solstices et du cours des astres... »

 

Pour bâtir cette citée de perfection il faut d´abord être soit-même parfait, bâtir sa propre maison, c´est à dire son corps. Quand chaque individu complètera son évolution,  ce n´est qu´alors qu´ ils pourront construire ensemble une ville en harmonie avec le Cosmos.

 

Ce qui revient à l´adage de la Table d´Emeraude :

" Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas 
et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut

Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux "


Maçonniquement parlant c'est le V.I.T.R.I.O.L. du cabinet de réflexion. Il faut bien comprendre ceci avant d´examiner le dessin de Léonard de Vinci.



VINCI, LE NOUVEAU PLATON

 

 

 

Platon selon Raphaël sur l´Ecole d´Athènes
Ce contemporain de Léonard, donna le traits de Vinci au philosophe grec, lui faisant faire ce geste qui revient dans l´œuvre du génie.

Il s'agit, pour Raphaël, de montrer les voies de la Connaissance. Au centre de la composition, deux personnages s´opposent.
Un, lève le doigt vers le ciel, Platon, qui tient à la main le Timée, un de ses derniers dialogues, tandis que l´autre, baisse la main vers la terre.
Il s´agit d´Aristote, qui tient à la main l'Ethique.
Ils représentent deux chemins, deux démarches : celui qui va de la réalité à l'idée, Platon-Vinci, c'est-à-dire de la terre à l'idéal philosophique,

et l'autre, Aristote, montre l'idéal philosophique qui ne peut exister que dans son illustration d'ici-bas.

La transcendance et l'immanence sont représentées au travers de ces deux personnages.

Je vous laisse deviner qui représente Aristote ici.



VINCI L´ARCHITECTE

 

Sans être passé à l´histoire comme  architecte, on sait que Léonard s´y intéressa plus spécialement à trois moments:

Vers 1490, à Milan, son Viturve date de 1492, quand il explore les possibilités du plan centré appliqué aux églises.Il laissa ses dessins sur son manuscrit B, conservé à l'Institut de France.

Vers 1506, de nouveau à Milan, quand il projette une villa pour
Charles d'Amboise.


Deux cents dessins environ, accompagnés de quelques brefs commentaires, constituent donc l'œuvre architecturale de Léonard - une œuvre difficile à comprendre car elle occupe une place à part dans l'histoire de l'architecture.

Ses projets étaient très onnereux  et ne purent voir le jour qu´avec un mècene à la portée de son génie créateur.
C´est ainsi qu´entre 1516 et 1519 François Ier lui demande d'imaginer un château royal.


Simple imagination ? Le nom de l´architecte du château de Chambord, nous est inconnu.
Les analyses montrent l'influence de Léonard de Vinci, qui travaillait alors à la cour de François Ier, mais qui mourut quelques mois avant le début du chantier, ainsi que celle de Domenico da Cortona.


Son homme de Vitruve case à la perfection dans le plan du donjon de ce palais si particulier.

 

A droite nous avons les plans qu´il ingénia pour une église. Celle-ci rappelle celle de Batalha au Portugal, qui présente une forme de CLEF.

Le schéma de Vinci correspondrait à la boucle ou finale de cette clef,  là où sont enterrés des familles royales. Mais il manque la copule.

A gauche , un autre schéma d´église, accompagné par une tête celle de l´apôtre saint Jacques. Simple hasard ?

Rappelons que le Chemin dédié à cet apôtre n´est autre que celui qui mène à Compostelle, Champs d´étoiles, stelles ou  stèles.

Route suivie par les maîtres maçons, qui y laissèrent leur traces. ( voir chapitres dédiés à Ceux Qui Luttent Avec Dieu ) Ceux-ci s´appelaient les Jacques, en honneur à leur saint patron.

 

« …Le centre du corps humain est en outre par nature le nombril ; de fait, si l'on couche un homme sur le dos, mains et jambes écartées, et qu'on pointe un compas sur son nombril, on touchera tangentiellement, en décrivant un cercle, l'extrémité des doigts de ses deux mains et de ses orteils. Mais ce n'est pas tout : de même que la figure de la circonférence se réalise dans le corps, de même on y découvrira le schéma du carré. Si en effet mesure est prise d'un homme depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête et qu'on reporte cette mesures sur la ligne définie par ses mains tendues, la largeur se trouvera être égale à la hauteur, comme sur les aires carrées à l'équerre. »

Vitruve, De Architectura, III, 1. que Vinci copia sur la feuille de son Homme de Vitruve.

 

Pour Vitruve, la personne formait la mesure de l'architecture, pour Vinci aussi, comme nous allons découvrir par la suite.

 

 

 

SUITE : LEONARD L´HERETIQUE ou LA QUADRATURE DU CERCLE